L’APC n’est pas une théorie psychologique de l’apprentissage. C’est une approche pédagogique et curriculaire qui organise l’enseignement autour de la mobilisation des ressources dans des situations.
Elle s’appuie principalement sur le constructivisme, le socioconstructivisme et certains apports du cognitivisme.
Elle se distingue d’une approche strictement comportementaliste fondée uniquement sur la répétition et l’observation de comportements isolés.
Selon le comportementalisme, apprendre consiste principalement à modifier un comportement observable grâce à l’entraînement, la répétition, le renforcement, la progression par petites étapes et la correction immédiate.
Exemple : l’élève résout successivement plusieurs équations de difficulté graduée comme 2x+3=9, 3x−5=10 et 4x+7=2x+15.
Cette démarche peut faciliter l’automatisation d’une technique.
Limite pour l’APC : la répétition ne suffit pas à développer une compétence complexe.
Le cognitivisme
Le cognitivisme étudie les processus mentaux impliqués dans l’apprentissage : perception, attention, mémoire, traitement de l’information, organisation des connaissances, récupération des informations et stratégies cognitives.
L’élève ne reçoit pas passivement l’information. Il la traite, l’organise et la relie à ses connaissances.
Pour résoudre un problème, l’élève doit lire l’énoncé, sélectionner les informations utiles, reconnaître le type de problème, choisir une stratégie et contrôler le résultat.
Le cognitivisme aide donc à comprendre les stratégies et le traitement des informations mobilisés dans une compétence.
Le constructivisme
Selon le constructivisme, l’élève construit activement ses connaissances à partir de ses acquis antérieurs, des situations rencontrées, de ses actions, de ses erreurs, des contradictions qu’il observe et de la réorganisation de ses connaissances.
L’apprentissage suppose une modification progressive des structures cognitives de l’élève.
Exemple : comparer 8×2=16 et 8×0,5=4 oblige l’élève à modifier la conception selon laquelle toute multiplication agrandit un nombre.
Lien avec l’APC : place accordée aux situations-problèmes, à l’activité de l’élève, à la mobilisation des acquis, à l’autorégulation et à l’adaptation des stratégies.
Le socioconstructivisme
Le socioconstructivisme considère que l’apprentissage se construit également grâce aux interactions sociales.
L’élève apprend en échangeant avec ses camarades, en expliquant sa démarche, en confrontant les procédures, en coopérant, en recevant une médiation de l’enseignant et en participant à un conflit sociocognitif.
Exemple : plusieurs groupes comparent deux offres A(x)=3x+20 et B(x)=4x+8 en utilisant un graphique, une inéquation ou un tableau.
La confrontation des démarches permet de mieux comprendre les relations entre différentes représentations.
La théorie la plus directement liée à l’APC
Constructivisme+Socioconstructivisme
L’APC est généralement rattachée principalement à ces deux cadres, car l’élève y construit ses connaissances, mobilise ses acquis, régule ses démarches, apprend en interaction et traite des situations significatives.
Le cognitivisme apporte également des éléments importants sur la mémoire, les stratégies, le traitement de l’information et la métacognition.
Il ne faut donc pas présenter l’APC comme dépendant d’une seule théorie de manière exclusive.
Autorégulation et métacognition
L’autorégulation est la capacité de l’élève à contrôler et à ajuster sa propre démarche.
L’élève autorégulé peut vérifier s’il comprend le problème, choisir une stratégie, repérer une erreur, modifier sa méthode, vérifier son résultat et évaluer l’efficacité de sa démarche.
Exemple : après avoir obtenu une longueur négative, l’élève comprend que le résultat est incohérent et reprend ses calculs.
La métacognition correspond à la réflexion de l’élève sur sa propre manière d’apprendre et de résoudre.
Comparaison des théories
Comportementalisme : modification d’un comportement par entraînement et renforcement.
Cognitivisme : traitement, organisation et mémorisation de l’information.
Constructivisme : construction active des connaissances par l’élève.
Socioconstructivisme : construction des connaissances grâce aux interactions.
Rôle de l’enseignant dans l’APC
L’enseignant n’est pas seulement un transmetteur.
Il doit concevoir des situations significatives, identifier les ressources nécessaires, prendre en compte les connaissances antérieures, laisser l’élève effectuer des choix, organiser les interactions, aider sans faire à la place de l’élève, favoriser l’autorégulation et institutionnaliser les apprentissages.
Rôle de l’élève
L’élève doit s’engager dans la situation, mobiliser ses acquis, construire une stratégie, coopérer, expliquer sa démarche, vérifier son résultat, corriger ses erreurs et réinvestir les apprentissages.
Il est donc acteur de son apprentissage, tout en restant accompagné par l’enseignant.
À ne pas confondre
Entraînement répétitif : répétition de tâches proches pour automatiser.
Traitement de l’information : sélection et organisation cognitive des informations.
Construction des connaissances : réorganisation des acquis à partir de l’activité.
Autorégulation : contrôle et ajustement de sa propre démarche.
Interaction sociale : apprentissage par l’échange et la coopération.
APC : mobilisation intégrée de ressources dans des situations.
Pièges du concours
Piège 1 : dire que l’APC supprime l’entraînement.
Piège 2 : confondre cognitivisme et constructivisme.
Piège 3 : croire que l’élève construit tout sans enseignant.
Piège 4 : réduire l’APC au travail de groupe.
À retenir
Constructivisme+Socioconstructivisme
Traitement de l’information+Strateˊgies+Meˊtacognition
Dans l’APC, l’élève construit, mobilise et régule ses connaissances dans des situations, souvent grâce aux interactions avec les autres.
Définitions clés
APC : approche qui organise l’enseignement autour de la mobilisation intégrée des ressources dans des situations.
Comportementalisme : théorie centrée sur la modification de comportements observables par entraînement et renforcement.
Cognitivisme : courant qui étudie les processus mentaux impliqués dans l’apprentissage.
Constructivisme : théorie selon laquelle l’élève construit activement ses connaissances.
Socioconstructivisme : cadre où l’apprentissage se construit aussi grâce aux interactions sociales.
Exemples
Équations graduées
Une série d’équations de difficulté progressive illustre une logique comportementaliste d’entraînement.
Conception sur la multiplication
Comparer 8×2 et 8×0,5 illustre une réorganisation constructiviste des connaissances.
Confrontation de procédures
Comparer graphique, tableau et inéquation pour deux offres tarifaires illustre une dynamique socioconstructiviste.
Pièges fréquents
Réduire l’APC à la seule coopération.
Confondre répétition technique et compétence complexe.
Mélanger traitement de l’information et construction des connaissances.
Oublier le rôle structurant de l’enseignant dans l’accompagnement et l’institutionnalisation.