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Approches inclusives et exclusives

Domaine : Approches et démarches · Sous-domaine D4 : Approche par compétences, APC

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L’approche inclusive

  • Une approche inclusive cherche à permettre à tous les élèves de participer aux mêmes apprentissages, quels que soient leurs capacités, leurs difficultés, leur situation de handicap, leur rythme d’apprentissage, leur langue, leur situation sociale ou leurs besoins éducatifs particuliers.
  • Elle considère que la diversité des élèves est normale.
  • Dans une approche inclusive, ce n’est pas uniquement à l’élève de s’adapter à l’école : l’école adapte aussi son enseignement, ses supports et son organisation.

Principes essentiels de l’inclusion

  • L’école pour tous : chaque élève doit pouvoir accéder à l’éducation et participer à la vie de la classe.
  • Le droit à un apprentissage de qualité : la présence physique dans la classe ne suffit pas ; l’élève doit réellement apprendre et progresser.
  • L’égalité consiste à reconnaître les mêmes droits.
  • L’équité consiste à fournir les aides nécessaires selon les besoins de chacun.
  • L’enseignant peut adapter les supports, les consignes, les représentations, le temps, les outils, le degré d’aide et la forme de la production.
  • L’élève doit être respecté, valorisé et associé aux activités collectives.

Exemple en mathématiques

  • L’objectif est de résoudre .
  • L’objectif mathématique reste commun à la classe, mais les moyens d’accès peuvent varier.
  • Pour certains élèves, la tâche est présentée directement sous la forme algébrique.
  • Pour d’autres, l’enseignant utilise une balance dessinée, des étapes visuelles, un exemple concret, une consigne reformulée, un temps supplémentaire ou une fiche d’aide.
  • Les adaptations ne doivent pas supprimer l’apprentissage visé.
  • L’inclusion consiste à proposer plusieurs voies d’accès au même enjeu de savoir.

L’approche exclusive

  • Une approche exclusive produit ou maintient des obstacles empêchant certains élèves d’accéder à l’enseignement, de participer aux activités, de bénéficier des mêmes apprentissages, de progresser avec les autres ou d’être évalués équitablement.
  • Elle peut prendre plusieurs formes : exclusion de la classe, refus d’inscription, séparation systématique, absence d’aménagement, tâches trop difficiles ou inaccessibles, attentes très faibles, stigmatisation, orientation automatique vers un parcours réduit.
  • Une pratique est exclusive lorsqu’elle écarte l’élève ou lui refuse un accès réel au savoir.

Exemple d’une pratique exclusive

  • Un élève présente une difficulté visuelle.
  • Le professeur projette une figure géométrique peu lisible et refuse d’agrandir la figure, de fournir une version imprimée adaptée, de décrire les informations ou de permettre l’utilisation d’un outil numérique.
  • L’élève est présent dans la classe, mais il ne peut pas accéder réellement à la tâche.
  • La présence dans une classe ordinaire ne garantit donc pas, à elle seule, l’inclusion.

Exclusion, ségrégation, intégration et inclusion

  • Exclusion : l’élève est privé de l’accès ou de la participation.
  • Ségrégation : l’élève est placé systématiquement dans une structure séparée.
  • Intégration : l’élève rejoint la classe ordinaire, mais doit surtout s’adapter à son fonctionnement.
  • Inclusion : le système et l’enseignement s’adaptent à la diversité des élèves.
  • Dans l’intégration, on se demande souvent si l’élève peut s’adapter à la classe existante ; dans l’inclusion, on se demande comment adapter la classe pour permettre la participation et l’apprentissage de cet élève.

Inclusion et différenciation pédagogique

  • La différenciation peut soutenir l’inclusion.
  • Elle consiste à varier les supports, les aides, les situations, les modalités de travail et les formes de communication.
  • Cependant, différencier ne signifie pas forcément diminuer les exigences.
  • Exemple : pour travailler la proportionnalité, les élèves peuvent utiliser un tableau, une représentation graphique, une situation concrète ou un logiciel.
  • Le savoir visé reste . Les voies d’apprentissage varient, mais l’objectif essentiel est conservé.

Adaptation et simplification

  • Il faut distinguer l’adaptation de la simplification excessive.
  • Adaptation pertinente : reformuler une consigne, agrandir un document, accorder plus de temps, proposer un schéma, utiliser un outil compensatoire, fractionner les étapes sans donner la réponse.
  • Simplification excessive : supprimer le raisonnement demandé, donner directement la solution, remplacer systématiquement l’objectif par un apprentissage plus faible, limiter l’élève à des tâches mécaniques.
  • Une adaptation doit faciliter l’accès au savoir sans faire disparaître l’enjeu d’apprentissage.

Rôle de l’enseignant

  • L’enseignant doit identifier les obstacles à l’apprentissage, connaître les besoins des élèves, varier les supports et les représentations, formuler des consignes accessibles, organiser l’entraide et la coopération, maintenir des attentes ambitieuses et réalistes, observer les progrès, adapter l’évaluation et éviter la stigmatisation.
  • Il ne doit pas définir l’élève uniquement par sa difficulté ou son handicap.

Évaluation inclusive

  • Une évaluation inclusive conserve la compétence ou le savoir visé, mais adapte les conditions lorsque cela est nécessaire.
  • Adaptations possibles : temps supplémentaire, agrandissement du sujet, consigne reformulée, lecture de l’énoncé, utilisation d’un outil autorisé, réponse orale lorsque l’écriture n’est pas l’objectif, présentation plus claire.
  • Si l’objectif est de vérifier la capacité à résoudre une équation, une difficulté d’écriture ne doit pas empêcher l’élève de montrer son raisonnement par un moyen adapté.
  • L’adaptation ne doit toutefois pas fournir directement la démarche mathématique évaluée.

À ne pas confondre

  • Égalité : reconnaître les mêmes droits.
  • Équité : fournir des moyens adaptés aux besoins.
  • Différenciation : varier les modalités d’enseignement.
  • Intégration : accueillir l’élève dans un système peu modifié.
  • Inclusion : transformer le système pour permettre la participation de tous.
  • Exclusion : écarter ou empêcher l’accès réel aux apprentissages.
  • Adaptation : modifier les conditions sans supprimer l’objectif essentiel.

Pièges du concours

  • Piège 1 : confondre inclusion et simple présence.
  • Piège 2 : croire que l’inclusion consiste à donner la même chose à tous.
  • Piège 3 : confondre adaptation et baisse systématique des exigences.
  • Piège 4 : considérer que seul l’élève doit s’adapter.

À retenir

  • L’inclusion ne consiste pas seulement à accueillir tous les élèves, mais à adapter l’éducation afin que chacun puisse participer, apprendre et développer son potentiel.

Définitions clés

  • Approche inclusive : organisation de l’enseignement qui adapte l’environnement pour permettre à tous les élèves d’accéder aux apprentissages.
  • Approche exclusive : pratique ou organisation qui maintient des obstacles empêchant certains élèves d’accéder réellement au savoir.
  • Équité : attribution d’aides et de moyens adaptés selon les besoins.
  • Intégration : accueil d’un élève dans un système peu modifié, avec forte attente d’adaptation de sa part.
  • Adaptation pédagogique : modification des conditions d’accès à la tâche sans supprimer l’objectif essentiel.

Exemples

Équation accessible

Résoudre peut être travaillé avec des représentations différentes tout en maintenant le même objectif mathématique.

Figure illisible

Refuser d’agrandir ou de décrire une figure pour un élève ayant une difficulté visuelle peut transformer une présence en situation d’exclusion pédagogique.

Proportionnalité différenciée

Utiliser tableau, graphique, situation concrète ou logiciel pour viser montre comment l’inclusion peut s’appuyer sur la différenciation.

Pièges fréquents

  • Prendre la présence en classe pour une inclusion suffisante.
  • Confondre équité et stricte uniformité des aides.
  • Réduire l’adaptation à une simplification qui supprime le raisonnement.
  • Faire porter uniquement sur l’élève la responsabilité de l’ajustement au système scolaire.