Le contrat didactique est l’ensemble des attentes, souvent implicites, qui organisent les responsabilités de l’enseignant et de l’élève à propos d’un savoir.
Il indique notamment ce que l’enseignant attend de l’élève, ce que l’élève attend de l’enseignant, les méthodes jugées acceptables, les formes de réponse attendues et les aides que l’élève pense pouvoir recevoir.
Le contrat didactique n’est pas un document écrit : il se construit progressivement à travers les habitudes de la classe.
Un contrat lié au savoir
Le contrat didactique ne concerne pas seulement le comportement général des élèves : il concerne surtout les attentes liées à l’apprentissage d’un savoir déterminé.
Enseignant⟷Eˊleˋve
Exemple : après plusieurs exercices utilisant le théorème de Pythagore, l’élève peut penser que tout nouvel exercice de géométrie doit être résolu avec ce théorème.
Cette attente n’a pas forcément été exprimée, mais elle s’est construite à travers les habitudes de travail.
Son caractère implicite
La plupart des clauses du contrat didactique ne sont pas formulées explicitement.
L’élève peut, par exemple, croire que tout problème possède une solution, que toutes les données doivent être utilisées, que la dernière méthode étudiée est toujours attendue, que l’enseignant donnera un indice en cas de difficulté ou qu’une réponse numérique est toujours nécessaire.
Ces attentes peuvent aider l’élève, mais elles peuvent aussi provoquer des erreurs.
Responsabilités de l’enseignant et de l’élève
L’enseignant doit proposer une situation adaptée, donner une consigne compréhensible, fournir les informations nécessaires, accompagner sans faire le travail à la place de l’élève, organiser la validation et institutionnaliser le savoir.
L’élève doit s’engager dans la tâche, mobiliser ses connaissances, chercher une stratégie, produire et justifier une réponse, vérifier son résultat et accepter de modifier sa démarche.
Rupture et renégociation du contrat
Il y a rupture du contrat didactique lorsqu’une attente habituelle n’est plus satisfaite.
Exemple : l’enseignant propose un problème contenant une donnée inutile, possédant plusieurs solutions, ne possédant aucune solution ou demandant de critiquer l’énoncé.
Les élèves peuvent être déstabilisés parce que la situation ne respecte plus leurs habitudes scolaires.
Après une rupture, les responsabilités peuvent évoluer : c’est la renégociation du contrat didactique.
On peut passer de
Validation par l’enseignant
à
Validation matheˊmatique par les eˊleˋves.
Contrat didactique et dévolution
La dévolution consiste à faire accepter à l’élève la responsabilité d’un problème et de sa résolution.
L’élève ne doit pas seulement essayer de deviner la réponse attendue par l’enseignant.
Il doit s’appuyer sur les données, les propriétés mathématiques, les résultats de ses essais et les contraintes de la situation.
L’enseignant accompagne la recherche, mais ne doit pas fournir immédiatement la solution.
Les effets du contrat didactique
Effet Topaze : l’enseignant simplifie progressivement la tâche jusqu’à réaliser lui-même l’essentiel du raisonnement.
Effet Jourdain : l’enseignant reconnaît dans une réponse ordinaire la manifestation d’un savoir élaboré qui n’est pas réellement établi.
Exemple Topaze : pour résoudre 3x+5=20, l’enseignant demande successivement « Il faut enlever combien ? », « Combien vaut (20−5) ? », « Il faut ensuite diviser par quel nombre ? ». L’élève annonce finalement x=5, mais il n’a pas réellement construit la méthode.
Exemple Jourdain : un élève trace approximativement une figure symétrique et l’enseignant conclut aussitôt qu’il maîtrise toutes les propriétés de la symétrie axiale.
À ne pas confondre
Contrat pédagogique : règles générales de fonctionnement de la classe.
Contrat didactique : attentes relatives au savoir et à son apprentissage.
Rupture du contrat : une attente habituelle n’est plus satisfaite.
Renégociation : les responsabilités évoluent.
Dévolution : l’élève accepte la responsabilité du problème.
Pièges du concours
Piège 1 : confondre le contrat didactique avec le règlement intérieur.
Piège 2 : croire que le contrat est entièrement explicite.
Piège 3 : considérer toute aide comme un effet Topaze.
Le règlement concerne les comportements généraux ; le contrat didactique concerne les attentes liées au savoir.
À retenir
Le contrat didactique est lié à un savoir déterminé, principalement implicite, construit par les habitudes et évolutif.
Il devient particulièrement visible lors de ses ruptures.
Il organise ce que l’enseignant attend de l’élève et ce que l’élève attend de l’enseignant dans une situation d’apprentissage.
Définitions clés
Contrat didactique : ensemble des attentes, souvent implicites, qui organisent les responsabilités de l’enseignant et de l’élève à propos d’un savoir.
Rupture du contrat didactique : situation où une attente habituelle n’est plus satisfaite.
Renégociation du contrat didactique : évolution des responsabilités après une rupture ou une nouvelle organisation du travail.
Dévolution : moment où l’élève accepte la responsabilité de traiter le problème.
Effet Topaze : l’enseignant réalise progressivement le travail intellectuel à la place de l’élève.
Effet Jourdain : l’enseignant reconnaît abusivement un savoir non réellement établi.
Exemples
Dernière méthode étudiée
Après plusieurs exercices sur le théorème de Pythagore, l’élève peut croire que tout nouvel exercice de géométrie doit être résolu avec ce théorème.
Donnée inutile
Un problème contenant une information superflue peut déstabiliser les élèves parce qu’ils pensent qu’une donnée scolaire doit toujours être utilisée.
Validation par les élèves
Au lieu de valider immédiatement chaque réponse, l’enseignant demande aux élèves de comparer leurs procédures, de chercher un contre-exemple et de justifier leurs résultats.
Effets du contrat
L’effet Topaze apparaît lorsque l’aide remplace le raisonnement de l’élève ; l’effet Jourdain apparaît lorsque l’enseignant attribue à une production insuffisante la maîtrise d’un savoir.
Pièges fréquents
Confondre le contrat didactique avec le règlement intérieur.
Croire que le contrat didactique est entièrement explicite.
Oublier que le savoir est l’enjeu central du contrat.