Une représentation est la manière dont un élève se représente, exprime ou interprète un objet mathématique.
Elle peut être mentale, verbale, graphique, numérique, algébrique ou géométrique.
Exemple : une fonction peut être représentée par une expression comme f(x)=2x+1, par un tableau de valeurs, par une courbe ou par une situation exprimée verbalement.
Une représentation ne constitue pas le concept lui-même : elle constitue une manière d’y accéder ou de l’exprimer.
La conception
Une conception est un ensemble relativement organisé de connaissances, de représentations et de règles que l’élève mobilise pour traiter une famille de situations.
Elle peut être correcte, partielle, limitée à certains contextes ou erronée dans de nouvelles situations.
Une conception possède généralement une certaine cohérence pour l’élève, même lorsqu’elle produit une réponse incorrecte.
Exemple de conception erronée
Un élève affirme 0,35>0,8 parce que 35>8.
Cette réponse peut révéler la conception suivante : pour comparer deux nombres décimaux, il suffit de comparer les nombres placés après la virgule comme des nombres entiers.
Il ne s’agit donc pas nécessairement d’une erreur faite au hasard.
Différence entre représentation et conception
Une représentation est une manière d’exprimer ou de percevoir un objet ; une conception est une organisation plus générale des connaissances de l’élève.
Une représentation peut être un graphique, un tableau ou un symbole ; une conception oriente les raisonnements et les stratégies.
Une représentation peut être momentanée ; une conception est généralement relativement stable.
Une droite graduée est une représentation des nombres. Penser que les nombres négatifs sont toujours impossibles parce qu’ils désignent une quantité inférieure à zéro constitue une conception.
Conception et erreur
Une erreur isolée ne suffit pas toujours pour identifier une conception.
Par exemple, un élève peut écrire une seule fois (a+b)2=a2+b2 par inattention.
Pour parler de conception, il faut généralement observer qu’il utilise régulièrement la même règle, produit des erreurs semblables, justifie ses réponses de manière cohérente et mobilise la même stratégie dans plusieurs situations.
S’il réutilise régulièrement cette égalité fautive et la justifie par une distribution du carré, cela révèle davantage une conception erronée.
Une conception peut être efficace dans certains cas
Dans les nombres naturels, multiplier par un entier supérieur à 1 augmente le nombre, par exemple 8×2=16.
L’élève peut alors construire la conception : multiplier rend toujours plus grand.
Cette conception devient incorrecte lorsque 8×0,5=4.
Elle peut alors constituer un obstacle à l’apprentissage.
Comment faire évoluer une conception ?
L’enseignant ne doit pas seulement annoncer que la réponse est fausse.
Il doit proposer des situations permettant à l’élève d’expliciter son raisonnement, comparer plusieurs réponses, rencontrer un contre-exemple, constater les limites de sa conception, construire une nouvelle explication et utiliser la nouvelle connaissance dans d’autres situations.
Exemple : pour remettre en question l’idée que le nombre ayant le plus de chiffres après la virgule est toujours le plus grand, on peut comparer 0,35 et 0,8, puis écrire 0,8=0,80 et comparer 0,35<0,80.
Une droite graduée peut également soutenir cette reconstruction.
À ne pas confondre
Représentation : manière d’exprimer ou de percevoir un objet.
Conception : organisation des connaissances mobilisées par l’élève.
Erreur : réponse non conforme au savoir attendu.
Obstacle : connaissance résistante qui empêche un nouvel apprentissage.
Difficulté : problème rencontré, sans être nécessairement stable.
Une conception peut produire des erreurs et devenir un obstacle, mais ces notions ne sont pas synonymes.
Rôle de l’enseignant
L’enseignant doit recueillir les productions des élèves, demander des justifications, identifier les conceptions mobilisées, éviter de corriger uniquement le résultat, proposer des exemples et des contre-exemples, organiser la confrontation des procédures et vérifier que la nouvelle conception est réinvestie.
Pièges du concours
Piège 1 : considérer toute erreur comme une conception.
Piège 2 : considérer une conception erronée comme dépourvue de logique.
Piège 3 : confondre représentation et conception.
Piège 4 : corriger seulement la réponse sans agir sur le raisonnement qui produit l’erreur.
À retenir
Une représentation est une manière de percevoir ou d’exprimer un objet.
Une conception est une organisation relativement stable des connaissances et des règles mobilisées par l’élève.
L’analyse didactique cherche à comprendre les conceptions derrière les réponses des élèves afin de concevoir des situations permettant de les faire évoluer.
Définitions clés
Représentation : manière d’exprimer, de percevoir ou d’interpréter un objet mathématique.
Conception : ensemble relativement organisé de connaissances, de représentations et de règles mobilisées par l’élève.
Erreur : réponse non conforme au savoir attendu.
Obstacle : connaissance résistante qui empêche un nouvel apprentissage.
Difficulté : problème rencontré sans être nécessairement stable.
Exemples
Fonction
Une fonction peut être représentée par une formule comme f(x)=2x+1, un tableau, une courbe ou un énoncé verbal.
Décimaux
La comparaison erronée 0,35>0,8 parce que 35>8 révèle une conception particulière des écritures décimales.
Multiplication
La règle « multiplier rend toujours plus grand » peut sembler efficace dans les naturels, mais elle est contredite par 8×0,5=4.
Pièges fréquents
Considérer toute erreur comme une conception stable.
Croire qu’une conception erronée ne possède aucune logique.
Confondre représentation et conception.
Corriger uniquement le résultat sans analyser le raisonnement.
Oublier qu’une conception peut être efficace dans certains contextes.