Le triangle didactique est un modèle qui représente les relations entre trois pôles d’une situation d’enseignement-apprentissage : l’enseignant, l’élève et le savoir.
Enseignant,Eˊleˋve,Savoir.
Il permet d’analyser le rapport de l’enseignant au savoir, les interactions entre l’enseignant et l’élève, ainsi que le rapport de l’élève au savoir.
Une situation didactique résulte des interactions entre l’enseignant, l’élève et le savoir.
Les trois pôles
Le pôle Savoir correspond au contenu disciplinaire à enseigner : concepts, propriétés, méthodes, techniques, raisonnements et représentations.
Le pôle Enseignant renvoie à l’acteur qui sélectionne les situations, organise les contenus, donne les consignes, accompagne la recherche et institutionnalise le savoir.
Le pôle Élève désigne celui qui mobilise ses connaissances, cherche une stratégie, produit des réponses, commet des erreurs, transforme ses conceptions et construit progressivement le savoir.
Relation Enseignant–Savoir
Enseignant⟷Savoir
Elle concerne principalement le choix des contenus, la transposition didactique, la préparation du cours, les exemples et situations proposés, ainsi que l’organisation du savoir.
Exemple : l’enseignant choisit d’introduire les fonctions à partir d’un tableau de valeurs avant d’utiliser l’écriture f(x). Ce choix concerne sa relation au savoir.
Relation Enseignant–Élève
Enseignant⟷Eˊleˋve
Elle concerne notamment les consignes, les aides, les interactions, les attentes réciproques, le contrat didactique, la dévolution et la régulation.
Exemple : l’élève attend que l’enseignant lui indique la méthode dès qu’il rencontre une difficulté. Cette attente peut relever du contrat didactique.
Dans la lecture retenue par l’épreuve 2025, les erreurs liées à la prégnance des règles du contrat didactique sont situées au niveau de la relation Enseignant–Élève.
Relation Élève–Savoir
Eˊleˋve⟷Savoir
Elle concerne principalement l’apprentissage, les stratégies, les conceptions, les représentations, les erreurs, les obstacles et l’appropriation des connaissances.
Exemple : un élève affirme 0,35>0,8 parce que 35>8. Cette erreur renseigne sur son rapport au savoir relatif aux nombres décimaux.
Un système dynamique
Les trois relations sont liées. Une modification de l’un des éléments peut agir sur les autres.
Exemple : l’enseignant change les valeurs numériques d’une équation ; 3x+5=20 devient 3x+5=20,3.
Cette modification du savoir proposé peut changer les stratégies de l’élève, obliger l’enseignant à adapter ses aides et modifier les interactions dans la classe.
Le triangle ne doit donc pas être interprété comme trois éléments indépendants.
Exemple complet
Pendant une séance sur l’addition des fractions, la relation Enseignant–Savoir apparaît lorsque l’enseignant choisit les fractions, les représentations et la progression.
La relation Enseignant–Élève apparaît lorsqu’il donne la consigne, questionne les élèves et organise la confrontation des réponses.
La relation Élève–Savoir apparaît lorsque l’élève doit comprendre pourquoi 21+31=52.
Il construit alors la nécessité d’un dénominateur commun : 21+31=63+62=65.
À ne pas confondre
Pôle : enseignant, élève ou savoir.
Relation Enseignant–Savoir : choix et organisation des contenus.
Relation Enseignant–Élève : interactions et contrat didactique.
Relation Élève–Savoir : apprentissage, conceptions et obstacles.
Triangle pédagogique : modèle plus général de la relation éducative.
Triangle didactique : modèle centré sur les relations avec un savoir déterminé.
Pièges du concours
Piège 1 : oublier le savoir et réduire le triangle à une relation entre deux personnes.
Piège 2 : isoler les trois relations alors qu’elles s’influencent mutuellement.
Piège 3 : confondre pôle et relation.
Piège 4 : situer toutes les erreurs au même endroit sans distinguer conception mathématique et attente contractuelle.